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05.12.2005
Petits suicides entre amis

Chronique écrite par Frédérick:
Par ce titre, Arto Paasilinna nous esquisse une société finnoise, et plus globalement mondiale, atteint par le cynisme.
Cet auteur contemporain, né en Laponie Finlandaise en 1942, tour à tour bûcheron, ouvrier agricole, journaliste, poète et enfin romancier, écrit dans un style simple et franc. Il nous présente sa vision du système actuel du point de vue d’un citoyen de la classe moyenne.
Ses personnages principaux en sont d'ailleurs le reflet, ainsi Onni Rellonen, l'un des trois piliers de l'histoire, est un ancien chef d'entreprise raté qui a connu pas moins de quatre faillites, ou encore Mikko Heikkinen, le “capitaine en cale sèche”, malheureux propriétaire d'un navire tenant plus du rafiot auquel il a consacré sa vie et qui finira par le pousser au comble du désespoir et de l'alcoolisme.
“Petits suicides entre amis” est l'histoire de deux suicidaires, le Président Onni Rellonen et le Colonel Kemppainen, qui se rencontrent fortuitement alors qu'ils allaient mettre fin à leurs vies de manière prématurée. De l’échec de leur tentative va naître une amitié basée sur des sentiments de désespoir commun.
De là, ils décident de rassembler tous les volontaires au suicide que peut compter la Finlande et de leur proposer un acte final collectif.
Ainsi, plus d'une trentaine de suicidaires vont se retrouver à bord d'un autobus afin de trouver la meilleure façon d'en finir et le lieu le plus approprié.
Grâce à ce bus, l'auteur nous invite à une visite touristique de la Finlande (et plus tard de l'Europe), en nous dépeignant région par région l'état social et économique du pays et c'est une formidable découverte profonde et réaliste que nul tour operator peut nous offrir.
On y découvre l'omniprésence de l'alcool et de ses ravages, les rituels du sauna, le récent passé commun avec la Russie, le passage à la mondialisation et enfin l'importance de l'impact psychologique du climat sur la population.
Si le thème du roman ainsi que la critique du système Finlandais peuvent paraître plutôt austère, l'auteur n'en oublie pas autant l'humour qui est présent à chaque instant, mêmes aux plus sombres.
La dérision du livre n'empêche pas pour autant la profondeur et la sincérité des sentiments des personnages, et le suicide reste au coeur du sujet, toujours présenté de manière simple sans faire de psychologie, complètement à nu et sans tenter de “guérir” ce mal.
Tous les personnages ont une bonne raison d'en finir et il n'est pas question d'en discuter mais plutôt de le vivre et de le partager.
Comme le dit le proverbe : “La mort est le meilleur moment de la vie, c'est pour ça qu'on le garde pour la fin.”En conclusion nous avons affaire ici à un roman très sympathique et positif, certes ce n'est pas de la grande écriture et le scénario est parfois un peu capillotracté, mais il a pour lui de vous faire passer un bon moment, l'humour y est omniprésent, et de vous faire découvrir de l'intérieur la Finlande et son peuple.
Merci mon chéri de contribuer à enrichir ce site!!
22:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note


Commentaires
Super cette chronique !
Enfin un blog qui a les moyens de s'offrir les services d'une fine plume.
Toutes mes félicitations !
Ecrit par : Un admirateur admiratif | 06.12.2005
Vraiment chouette en effet, quelle empathie entre l'écrivain et son lecteur !
et qui est-ce qui se cache derrière "un admirateur admiratif" ?
bisous à tous !
Ecrit par : Gabi | 08.12.2005
C'est vrai que la longue nuit propre aux latitudes élevées perurbe l'équilibre mental. La noirceur de la nuit ferait elle davantage ressortir le coté obscur de nos ames. En tout cas il est raffriachissant de rencontrer un livre qui ne cherche pas à faire passer les candidats au suicide pour des malades ou pour proposer des solutions à l'emporte pièce. Non, je ne citerai pas de nom....n'est ce pas Paolo Cohelo ?
Ecrit par : julio | 10.01.2006
mais d'un autre côté, il parait que les Lapons se suicident plus, eux, quand ils quittent leur communauté extrêmement soudée, pour aller travailler plus au Sud...
alors, M. l'expert ?
Ecrit par : Gabi | 11.01.2006
Veux tu parler de M. Durkheim qui a écrit une bible sur le suicide?
En effet, un même fait peut avoir différentes causes.
Donc pour cet "expert", il y a plusieurs sortes de suicide. Celui des lapons pourrait sans doute se rapporter à ce qu'il appelle le suicide altruiste qui provient d'une trop faible individuation. Dans le sociétés où l'individu ne peut avoir d'intérêts propres, dès qu'il sort de sa communauté, il est perdu... ce qui expliquerait peut-être les suicides.
Cela dit le manque de lumière est connu pour être source de dépression.
Ecrit par : Laure | 11.01.2006
horreur ! le manque de lumiere dans les profondeurs océaniques rend il les plongeurs dépressifs ???????
Ecrit par : un plongeur angoissé!! | 12.01.2006
Soit rassuré jeune padawan, chacun est plus ou moins sensible au manque de lumière... motivé comme tu l'es, je ne pense pas que le "côté obscur" des fonds doit te faire peur!!!! Mais sinon, il te faudra faire quelques voyages en Finlande pour t'habituer!! C'est bête, hein????
Ecrit par : Laure | 12.01.2006
Moi j'avais un ami Tuniskimo, de mère Eskimo et de père Tunisien. Il n'a jamais pu supporté de devoir porter la djelleba et le bonnet en même temps et il en est mort le pauvre, alors tu parles que ça te traumatise un homme le choc des civilisations ...
Ecrit par : Frek | 12.01.2006
Il est mort d'un choc thermique?
Ecrit par : Laure | 13.01.2006
J'ai commencé le livre hier, et j'en suis déja à la moitié. Je le conseille à tous. Ce livre a priori morbide est rempli d'humour, de beauté, et..de vie ! Tous les personnages, meme les plus décidés à en finir, ne peuvent s'empecher de sucer une dernière fois la moelle de la vie, meme au risque de s'étrangler avec l'os. Ce qui n'est pas grave quand on attend la mort plus qu'on ne la redoute.
J'ai été particulièrement frappé par l'extraordinaire esprit de liberté des personnages. Plus rien ne les retient sur cette terre. Ni femme, ni situation professionnelle, ni meme la vie elle meme. C'est pourquoi, abandonnant toute prudence il n'hésitent jamais à prendre des risques inconsiderés, du gendre rouler ivre en pleine nuit. Peu à peu on finit par se laisser gagner par ce souffle de liberté et on réalise, au moins l'espace d'un instant, que nous vivons bien trop sagement nos existances.
Une oeuvre a lire absolument. Plus qu'un livre sur la mort, c'est une leçon de vie, au dela du theme du suicide.
Ecrit par : julio | 12.03.2006
Il faut aussi lire Le Lièvre de Vatanen... alors il est aussi bien voire encore un peu plus décalé que Petits...
Bonne lecture
Ecrit par : Mayfair | 20.03.2006
c'est quoi ces références mayfair. éluder les auteurs et les titres comme cela ! Quelle paresse !
Ecrit par : un detracteur anonyme | 27.03.2006
eh toi ! arrête de faire fuir les petits jeunes qui pointent le bout de leur nez !
Ecrit par : Gabi | 27.03.2006
t'as raison gabi ! Qui c'est ce mal embouché qui n'est pas content ?
Ecrit par : julio | 27.03.2006
Très cher Détracteur,
Si tu avais un minimun de correction, tu poserais simplement la question suivante quel est l'auteur du Lièvre de Vatanen?
Et si tu étais un peu plus curieux, tu aurais été voir les autres ouvrages écrits par Arto Paasilinna, tu aurais pu constater que le Lièvre de Vatanen était un de ses romans.
Voilà, en même temps dans une chronique consacré à Paasilinna, tu aurais pu te douter que je ne parlerais pas du dernier roman de Houellebecq ou d'un autre.
Donc je conseille vivement la lecture du Lièvre de Vatanen, aux éditions Folio.
NA!
Ecrit par : Mayfair | 06.04.2006
cassé!
C'est vrai que "vatanen", ça sonne finnois quand même!! Comble de Kauppakatu!
Ecrit par : L'administrateur administrant | 06.04.2006
C'est vrai que je fais vachement "remonter" cette rubrique, mais je viens d'y repenser. L'auteur a une vision ultra romantique du suicide. Ils sont où les desesperés qui se suicident sans autre vraie alternative ???? Tellement "abimés" qu'ilz ne pourraient pas monter dans ce car du suicide qui est finalement aussi celui de l'espoir et du gout de vivre !
Ecrit par : julio | 04.08.2006
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